Calligraphie

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Shodô (ou Shodou) désigne la calligraphie japonaise et s'écrit 書道 . C'est devenu un art à part entière qui figure d'ailleurs dans la classification "beaux-arts". Cette forme d'écriture est également largement utilisée pour des logos ou des devantures de commerces.

Mais d'où vient-elle exactement ?

 C'est assez difficile de le dire tant les origines des calligraphies chinoises et japonaises sont liées mais on part du principe que c'est plutôt la Chine qui a influencé le Japon car le plus grand expert en la matière au Japon était Wang Xizhi un chinois du 4ème siècle. Par la suite, les Hiragana et Katakana furent inventés et les calligraphies des deux pays devinrent différentes, chacune adaptée à leur style d'écriture.

 Les différents styles.

Le Tensho est le premier style dont nous ayons connaissance. Il était utilisé en 200 avant JC (Jésus Christ, pas Jean-Claude hein) afin de remplir les documents officiels et recopier les textes bouddhistes. Ce n'est pourtant qu'en 1653 que ce style se démocratise avec l'arrivée des moines de la secte Zen Dokuryu au Japon. Il reste utilisé aujourd'hui mais principalement pour la gravure des sceaux qui servent à signer les documents et indiquer les auteurs des œuvres d'art.

 Le Kaisho

C'est le style utilisé couramment dans la vie de tous les jours, le même qu'on trouve dans les livres. Sa première apparition remonte au 3ème siècle de notre ère. Il était utilisé pour traduire des sutras importés durant le 7ème siècle mais a aussi servi pour les chroniques de l'histoire du Japon comme le Kokiji qui racontent les histoires des empereurs.

Le Sôsho

Aussi appelé "style herbe", il est apparu environ 2 siècles avant notre ère. Les autres styles étaient réservés aux communications officielles et religieuses mais le Sôsho a été adopté par une plus grande partie de la population, notamment par les artistes qui travaillent sur papier grand format.

sosho

"pas de signification spirituelle" écrit en Sôsho

Les lettrés japonais en faisaient également usage pour courtiser les dames de la cour. Par la suite, ce style influença à son tour la Chine en suggérant de lier tous les kanjis sans jamais lever le pinceau.

Le Gyôsho

Ce style arrive au Japon pendant la période Heian (794-1185) et plaît tout de suite à un grand nombre de personnes car il permet une écriture stylisée (donc belle) tout en restant très lisible. C'est l'alliance parfaite des kanjis et des kanas. Dans le même temps, du fait du repli du Japon sur lui-même, le Wayo fait son apparition, c'est à dire la japonisation des styles chinois.

 Les outils du calligraphe

Evidemment, pour pouvoir réaliser de la calligraphie, il faut un peu de matériel !  Comme un pinceau par exemple. Son invention est attribuée à Meng Tian, général et architecte chinois vivant peu avant 210 avant JC. (Il a été impliqué notamment dans la construction de la première grande muraille de Chine). Ce brave général a donc décidé de perfectionner les formes primitives de pinceau en permettant une plus grande accumulation de l'encre (plus de poils) et en améliorant la tenue du pinceau, élément crucial pour pouvoir fournir un résultat de qualité.

En parlant d'encre, il faut préciser que les encres chimiques industrielles sont à bannir. On se servira de bâtons d'encre réalisés à partir de suie et de colle animale. L'encre liquide est obtenue par frottements sur une pierre à encre en la diluant avec de l'eau. Elle se conserve longtemps, les meilleures sont encore tout à fait utilisables 60 ans après. Elles sont même de meilleure qualité après avoir reposé quelques années car elles prennent de plus jolies couleurs.

Les pierres à encre sont généralement taillées à partir de roches éruptives sous-marines ou de roches sédimentaires. Elles sont utilisées pendant longtemps, un siècle pour les meilleures ! Mais il faut savoir qu'une encre ne révèle tout son potentiel qu'avec une pierre de même qualité car une partie de la pierre se mélangera à l'encre lors du frottement.

 encre

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