Les premiers contacts entre l'Europe et le Japon étaient dominés par la religion. C'était en effet l'Espagne et le Portugal, pays toujours prompt à propager la bonne parole sur d'autres continents, qui étaient à la manœuvre. Ces derniers profitèrent de leur avantage d'être les premiers et les seuls "nanban" (barbares du sud) sur l'archipel pour fournir des armes à feu et d'autres armes aux japonais. Ces dernières joueront un grand rôle dans les futurs conflits, en particulier lors des combats d'un certain Oda Nobunaga...
Les missionnaires jésuites ont tenté de convertir au catholicisme le plus de notables et dirigeants japonais possibles afin de pouvoir infléchir les politiques locales. Ils ont eu tellement de succès que Toyotomi Hideyoshi interdit aux dirigeants de clans de se convertir. Finalement, c'est le troisième unificateur du Japon, Tokugawa Ieyasu qui interdira complètement le christianisme en 1614. Le pays entre dans une ère de repli qui coupera tout contact avec le monde extérieur .... à l'exception d'un petit comptoir de commerce au sud du pays. Les marchands néerlandais, qui n'avaient jamais tenté de convertir quiconque car ils préféraient le commerce à la religion, ont été les seuls à être autorisé à commercer sur l'île artificielle de Dejima. La ville deviendra donc le seul et unique pont autorisant un échange de savoir entre le Japon et l'occident, notamment en médecine et en sciences.
En 1853, les Etats-Unis d'Amérique (USA) décident d'envoyer l'amiral Matthew Perry exiger l'ouverture des ports maritimes du Japon. Rappelons que les USA n'existaient pas ne serait-ce que 70 ans plus tôt mais ils disposaient déjà d'une puissance militaire suffisamment importante pour inquiéter le Shogun. Celui-ci accepta donc d'ouvrir ses ports et de signer des traités d'échange avec les grandes puissances occidentales en 1858. Cette ouverture ainsi que des évènements internes débouchèrent sur la fin du shogunat, la restauration de l'Empereur Mutsuhito et la modernisation accélérée du Japon.
Accélérons jusqu'au 20ème siècle. La fin de l’ère Meiji (1868 - 1912) a vu le Japon s'ouvrir à nouveau au monde extérieur après 200 ans d'autarcie. Suite à ses rapports avec l'Europe et les USA, c'est tout naturel qu'une grande partie de la culture japonaise fut influencée par l'occident.
Après 1945, de nombreux biens ont été importé au Japon depuis les USA, en particulier parmi les classes supérieures de la population japonaise. La présence de l'armée américaine proche de la population leur a aussi apporté une autre vision du monde. Les japonais étaient notamment fascinés par les divertissements occidentaux comme la musique et le théâtre. L’exemple le plus célèbre est “When I Take My Sugar To Tea” d’Eiichi Ohtaki (japonais:大滝 英一), qui était basé sur une chanson écrite par Cramer. On peut aussi nommer James Murdoch qui a été un des premiers occidentaux à jouer dans une pièce de théâtre de Kabuki (quelque peu adapté)
A l'inverse, les européens voient dans les arts japonais l'occasion de s'affranchir de vieilles normes et se laissent séduire par leurs techniques traditionnelles. les estampes d’Hokusai et d’Hiroshige en particulier impressionnent fortement différents artistes comme Vincent van Gogh ou Claude Monet. Des compositeurs d'opéra utilisent des éléments de l'histoire et des traditions japonaises pour leurs créations (comme par exemple Madame Butterfly de Giacomo Puccini)
Il y a bien évidemment aussi les mangas ainsi que les animés qui déferlent sur l'Europe (en particulier en France et en Suisse) et qui amènent avec eux toute une culture populaire qui deviendra vite partie intégrante de la vie sociale. Les jeux japonais (vidéo ou non) ont acquis une excellente réputation en occident et se sont répandus un peu partout. Les musiques ne sont, d'ailleurs, pas en reste la JPOP ou l'Enka étant très populaires également.
Au final, s'il est vrai que le Japon a été très influencé par l'Europe et le USA à la fin du 19ème et au 20ème siècle, c'est ensuite le côté occidental qui a été influencé par le Japon. Et pour cause ! En novembre 1995, l’anime de Mamoru Oshii Ghost in the Shell sortit en salles au États-Unis et en Grande-Bretagne en même temps qu’au Japon, et fut propulsé en tête du palmarès des ventes de vidéo aux États-Unis. La propagation de la marque Pokémon laisse aussi pantois avec quelques 105 milliards de dollars dans le monde entre 1996 et 2021. Et encore, nous n'avons pas mentionné le côté technologique avec, par exemple, le Walkman de Sony, lancé sur le marché en 1979 et vendu à 400 millions d'exemplaires.